23/02/2008

Les TOMATES - Leur biodiversité insoupçonnée

Tomate Burracker's Favorite 2007 09 12 Tomates 014

Les tomates du supermarché : parce qu'il faut bien en parler (beurk!)

Chacun peut le constater. Lorsque l’on promène son caddy entre les rayons d’un supermarché, on ne doit pas s’attendre à trouver au rayon légumes plus de cinq variétés de tomates, presque toutes de couleur rouge, à la peau dure et difficile à peler, trop parfaitement calibrées et bien mûres en apparence seulement. Quant à leur goût, il est sans surprise, uniformément acide et  médiocre.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque ces tomates - qui ne sont pas réellement à maturité et se conservent en chambre froide - sont essentiellement produites « hors-sol », selon les méthodes « ultra-performantes » de la culture dite « hydroponique ».

Tomate Banana Orange 2007 09 12 Tomates 010

De l'hydroculture à la culture "hydroponique"

L'hydroculture est pratiquée par l’homme depuis la nuit des temps. Les Chinois, les Égyptiens, les Babyloniens s’y adonnaient déjà bien avant le début de notre ère. Dès le début du XIVème siècle, les Aztèques, peuple amérindien nomade nouvellement installé dans les hautes vallées du Mexique, perfectionnent sur les rives des lacs andins les méthodes d’hydroculture de leurs prédécesseurs toltèques. Ils mettent au point les « chinampas », champs marécageux incroyablement fertiles qui permettent plusieurs récoltes miraculeuses au cours d’un même année. Avec le maïs et les haricots, ils font pousser des piments et … des tomates. On le voit, l’homme a compris très tôt la place indispensable de l’eau dans la croissance accélérée des plantes potagères. Au XXème siècle, dans leur course une peu folle aux progrès économique et agrotechnologique, les professionnels du secteur ont métamorphosé l’hydroculture en culture hydroponique. Et la tomate, légume de loin le plus consommé au monde, est devenue assurément la grande vedette de ce type de culture moderne.  La technique « hydroponique » a surtout évolué dans des pays au climat peu clément, comme les Pays-Bas, la Belgique ou le Canada. Les plants de tomates – quelques variétés seulement, sélectionnées spécialement pour leur aptitudes à supporter ce type de traitement – poussent dans des rigoles en matière synthétique remplies de substrats inertes, parfois naturels comme le sable, le plus souvent artificiels comme la laine de roche, la vermiculite ou la perlite. Ces rigoles acheminent une solution dite « nutritive » dont la composition devrait effrayer les consommateurs s’ils étaient correctement informés.

Mais voilà, ce type de culture tente de se justifier par la préoccupation  - oh combien philanthropique ! - de nourrir l’humanité entière, alors qu’il ne s’agit en fait que d’une performance économique, sans souci réel de la santé des consommateurs, des incidences sur l’environnement ou de véritable bon goût.

Tomate Black Seaman 2007 09 12 Tomates 030

Des cinq tomates rouges et rondes du supermarché aux milliers de tomates multicolores que nous offrent la biodiversité

Dans nos pays tempérés, la tomate peut être cultivée en pleine terre, où elle produira, selon la variété, de beaux fruits irréguliers et savoureux mûris à l’air et au soleil, chargés de vitamines et d’oligo-éléments tirés d’un sol vivant et sain dont notre santé tire les plus grands avantages. La biodiversité des tomates est telle – sans doute plus de 12.000 variétes, dont au moins 2000  bien fixées, c’est-à-dire à caractères stables  -  que nous pouvons agréablement la décliner en cuisine selon toutes nos humeurs. Certaines se prêtent mieux aux préparations culinaires froides, d’autres offrent d’indiscutables avantages dans les préparations chaudes. Comme pour les vins typés, le gourmet  saura trouver l’accord subtil entre une variété de tomate et un plat spécifique. Inutile de dire que le nombre de recettes qui peuvent être concoctées avec des tomates sont légions.

Tomate Ildi 2007 09 12 Tomates 007
 

Mais où et quand trouver d'aussi étranges et succulentes tomates ?

Pour des raisons de conservation limitée, de tailles disparates, de croissance plus lente, de sensibilité aux conditions climatiques et de récoltes plus aléatoires, la grande biodiversité des tomates n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la grande distribution. C’est assurément dommage, mais le consommateur attentif n’est pas irrémédiablement condammé aux « hydroponiques ». Comment échapper à ce type de produits agroalimentaires illustrant la « malbouffe » ?

Tout d’abord, pour manger bon et sain, il faut tenir compte du calendrier des récoltes, lequel est rythmé par les saisons.  Manger des tomates aux crevettes à la Saint-Nicolas, ou des fraises à la Chandeleur et du melon à Pâques, c’est une véritable hérésie gustative et diététique rendue possible par l’opportunisme économique de la grande distribution. Notre organisme aussi est rythmé par les saisons, et ses besoins ne sont pas les mêmes du 1er janvier au 31 décembre. Sauf chez des personnes souffrant de contre-indications ou devant combler des carences spécifiques, on doit constater l’harmonieuse adéquation qui existe entre la consommation des produits d’une saison déterminée et les besoins de notre métabolisme en cette même saison. Alors, pourquoi vouloir se nourrir de la même manière pendant toute l’année ?  Si, en lieu et place de minables « hydroponiques », vous préférez savourer quelques unes des plusieurs milliers de tomates plus succulentes les unes que les autres quasi-introuvables dans le commerce, choisissez de les consommer chaque année entre les mois de juin et novembre de chaque année . Pour un maximun de plaisir, favorisez les tomates anciennes cultivées en pleine terre, selon les méthodes du jardinage biologique. Géantes ou minuscules ; rouges, roses, jaunes, vertes, oranges, bigarrées, noires ou blanches ; rondes, côtelées ou allongées ; elles vous séduiront et feront du bien à votre santé. Comme il y a – hélas ! -peu de chance d’en trouver dans les magasins, vous pouvez - si vous disposez d’un petit jardin d’ornement - en tranformer une petite partie en potager  - cultiver vous-même quelques variétés que vous apprécierez particulièrement.  Si vous n’avez pas de jardin, retenez que plusieurs variétés de petites tomates très productives se prêtent avec complaisance à la culture en pots. Les petites tomates « Tiny Tim » et autres « Balconi » feront tout pour vous plaire.  Ces plants de tomates sur votre balcon ou dans la véranda seront en outre du plus bel effet décoratif et rivaliserons avec originalité avec les traditionnels géraniums, pétunias ou impatiens. Mais peut-être n’avez-vous ni jardin, ni balcon, ni véranda. Il vous reste dans ce cas, la possibilité de repérer une petit producteur local ou un brave petit jardinier du quartier qui se fera un plaisir de vous « vendre » quelques tomates irrésistibles pour deux fois rien. Trois manières de faire le plein de vitalité …

Tomate San Marzano Lungo 2007 09 12 Tomates 031

02:04 Écrit par Anne & Jos dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

Bien venu sur les blog , et une bonne journée.

Écrit par : Conducteur de bus | 25/02/2008

Merci à vous !

Écrit par : Anne | 25/02/2008

Ah les tomates , quel délice ...mais pas au supermarché !
Nous en avons déjà mis au potager les années précédentes , voilà des tomates qui ont du goût !
L'année passée , nous avons mis des tomates cerises , même pas le temps d'arriver à la cuisine ;-)
Photos superbes , bravo ! ça donne envie , mmmhhhh !

Écrit par : Sof | 25/02/2008

je suis un passionné de culture, j'avais ramené des semences de tomate du sud de l'italie ,le problème c'est que nous manquons cruellement de soleil.
bonne journée

Écrit par : damiano | 26/02/2008

La seule solution , une serre ! sinon , presque rien comme récolte !

Écrit par : Sof | 27/02/2008

Sof ! Et oui, de préférence les cultiver sous serres ou chapelles de pluie ! avec les étés pluvieux que nous subissons c'est la seule solution de récolter quelque chose.

Écrit par : Anne | 27/02/2008

tomates anciennes J'ai apprécié votre article sur les tomates anciennes. Mais avez vous des adresses où on peut trouver des plants de ces anciennes variétés.
Merci

Écrit par : Roger | 26/04/2008

Plants de variétés de tomates anciennes Pour disposer de tels plants, le mieux est évidemment de réaliser des semis soi-même.Il est encore temps!

Les semences de nombreuses variétés anciennes sont notamment disponibles auprès de l'Association Kokopelli et de Les Semailles.

Mais l'engouement d'une frange de plus en plus large du public pour ces tomates extraordinaires fait qu'il y a aujourd'hui en Belgique, et particulièrement en ce début du mois de mai, de nombreuses bourses d'échanges entre amateurs. J'imagine que des initiatives conviviales semblables sont organisées aussi en France.

Pour obtenir des informations mieux adaptées à ta situation géographique, je te suggère de consulter le site Tomodori.com et de retrouver, outre une abondante documentaion sur les tomates anciennes, la plupart de nos amis tomatophiles français. N'hésite pas à t'inscrire sur le forum, où tu repéreras vite les intervenants les plus qualifiés qui pourront te guider.

Eventuellement, nous offrons ou échangeons nous-même des graines en petites quantités de démarrage pour les véritables amateurs. C'est un geste d'amitié. Mais nous refusons d'alimenter les filières commerciales, dont le but est de faire de l'argent, et non pas de promouvoir la biodiversité et le bon goût. Merci de ta compréhension.

Bien tomatophilement à toi,

José, un jardinier de "Par-deça"


plus d'informations du public

Écrit par : José | 02/05/2008

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